Types de chèques
Le chèque non barré : espèces au guichet, mais sous conditions
Contrairement au chèque barré de votre chéquier, le chèque non barré peut être payé en espèces au guichet de la banque émettrice et transmis à un tiers par simple endossement. Cette liberté a un prix : une demande expresse, un timbre fiscal de 1,50 € par formule et une déclaration à l'administration fiscale.
Ce qui le distingue du chèque barré
Le chèque non barré ne porte pas les deux barres parallèles du chèque barré ni la mention « non endossable ». Deux conséquences :
- Paiement en espèces possible : le bénéficiaire peut se présenter au guichet de la banque tirée (celle de l'émetteur) et recevoir le montant en liquide, sans passer par un compte bancaire.
- Endossement translatif : le porteur peut transmettre le chèque à un tiers en signant au dos et en désignant le nouveau bénéficiaire. Le chèque circule alors comme un effet de commerce, de main en main, jusqu'à son encaissement. La mécanique est détaillée sur la page endosser un chèque.
Comment l'obtenir : demande expresse et timbre fiscal
Aucun chéquier standard ne contient de chèques non barrés. Il faut en faire la demande expresse à sa banque, qui reste libre d'accepter ou non. Chaque formule délivrée est soumise à un droit de timbre de 1,50 € (article 916 A du Code général des impôts), facturé par la banque qui le reverse au Trésor. Surtout, la banque doit déclarer à l'administration fiscale l'identité du demandeur et les numéros des formules remises : l'usage du chèque non barré est donc tout sauf anonyme du côté de l'émetteur.
Qui l'utilise encore ?
Son usage est devenu marginal. On le rencontre principalement :
- chez certains professionnels (mandataires, commissaires-priseurs, professions juridiques) pour des versements en espèces encadrés ;
- dans quelques circuits où le bénéficiaire n'a pas de compte bancaire ou souhaite un paiement immédiat en liquide ;
- pour transmettre un paiement à un tiers sans émettre un nouveau chèque.
À noter : le paiement en espèces au guichet suppose de se déplacer dans une agence de la banque de l'émetteur, munie d'une pièce d'identité, et reste soumis aux plafonds de caisse de l'agence pour les montants élevés.
Pour un particulier, ces besoins sont aujourd'hui mieux couverts par le retrait d'espèces, le virement instantané ou un chèque de banque pour les montants importants.
Les risques à connaître
- Perte ou vol : un chèque non barré est presque aussi vulnérable que du liquide. Celui qui le détient peut l'encaisser au guichet ou l'endosser au profit d'un complice. L'opposition doit être immédiate.
- Chaîne d'endossements : plus le chèque circule, plus il est difficile de savoir qui l'a détenu ; c'est un terrain connu de la fraude au chèque.
- Provision non garantie : comme tout chèque ordinaire, il peut revenir sans provision, y compris après un paiement au guichet refusé faute de fonds.
Barré ou non barré : le comparatif
| Critère | Chèque barré | Chèque non barré |
|---|---|---|
| Délivrance | Gratuite, standard | Sur demande expresse, 1,50 € de timbre par formule |
| Paiement en espèces | Non | Oui, au guichet de la banque tirée |
| Transmission à un tiers | Non (endos de remise uniquement) | Oui, par endossement |
| Déclaration au fisc | Non | Oui, identité et numéros de formules |
| Exposition en cas de vol | Limitée | Élevée |
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Dernière mise à jour : juillet 2026